Mon projet explore la nature du lien entre le développement d’une œuvre et la maturation de l’artiste. En poursuivant ma recherche, je me suis beaucoup intéressée aux livres consacrés à l’art-thérapie. Wikipedia définit ce dernier comme suit :
L’art-thérapie est l'exploitation du potentiel artistique dans une visée thérapeutique et humanitaire. L'art thérapeute sait exploiter les bienfaits de l'art, ses effets relationnels et son pouvoir expressif notamment. L'art thérapie peut aider des personnes qui ont des difficultés à s'exprimer et à communiquer. Lorsque que l'on pratique une activité artistique, on met en place une suite de mécanismes, on observe, on écoute, on réfléchit, on éprouve l'envie de faire quelque chose, on exprime un style, on communique des idées, sa personnalité, ses goûts, et tout cela est donc exploitable pour amener une personne à atteindre l'objectif thérapeutique que l'équipe médicale aura définit au préalable […]. [1]
Une autre définition que je trouve plus appropriée est celle-ci :
L'Art-thérapie est une méthode consistant à créer les conditions favorables au dépassement des difficultés personnelles par le biais d'une stimulation des capacités créatrices. [2]
Je trouve que l’art-thérapie, dont je vais m’inspirer, est un angle d’approche particulièrement intéressant par son aspect moins théorique et plus facile à traduire dans le monde concret. Avec des manières ressemblant à celles d’un rituel, la création d’une œuvre sert clairement à mieux se connaître soi-même, et à « s’auto-guérir ». Dans le livre Art is a Way of Knowing[3], l’auteure explique sa démarche : d’abord, un vœux de pénétrer à l’intérieur de son inconscient, ensuite, une création aucunement censurée par la logique et les pensées, et finalement, un regard sur l’œuvre en essayant de comprendre ce qu’elle tente de nous communiquer. L’œuvre sert de « guide spirituel », si je puis m’exprimer ainsi. Le produit final de la création est vu comme une entité à part entière, qui peut avoir un sens profond qui dépasse l’artiste.
Par conséquent, j’ai décidé de m’inspirer de cette pratique pour faire ma performance. Je pense me filmer en train de dessiner (je préfère les pastels gras plutôt que la peinture à ce stade, pour des raisons de netteté et de « lisibilité ») comme l’exige l’art-thérapie, c’est-à-dire avec un désir de révéler une parcelle de ce qui est péniblement enfoui dans mon inconscient. Lors de la performance, je peindrai sur une toile (avec pleine conscience cette fois) ce que je comprends du premier dessin, ce qu’il m’enseigne, dans le but de grandir. J’utiliserai de la gouache ou de l’acrylique. La peinture sera comme une deuxième interprétation de l’élan créateur du premier dessin. Pendant que je peindrai, on projettera sur moi le vidéo du dessin, afin que l’on voit le développement des deux œuvres simultanément.
Je ne sais pas du tout ce à quoi ressemblera tout cela à la fin, ou si même j’arriverai à vraiment comprendre le premier dessin, et encore moins à le traduire en peinture correctement, mais c’est un risque que je vais volontiers prendre.
Ton idée de risque et de mise en situation me plaît bien. Par contre, je suis surpris que tu puisses dès maintenant décrire ta performance. À moins que ce que tu décrives soient le début de ton processus d'expérimentation. Comme tu l'écris et comme ta citation le mentionne bien, il s'agit de se connaître soi-même ou de s'auto-guérir.
RépondreSupprimerTu veux explorer la nature du lien entre le développement d'une oeuvre et la maturation de l'Artiste. Dans ce sens là, tu devrais sans doute expérimenter la nature de la performance de plusieurs façons, dans plusieurs contextes, selon des prémisses différentes, pour justement observer, écouter, réfléchir à ce qui s'y passe et ainsi construire le début de ta performance pour qu'elle devienne vraiment un rituel où les conditions soient favorables à cette thérapie, vraie expérience d'une maturation devant public. On en reparle demain j'imagine.